La petite histoire en cuisine

Dessin de petit cochon joyeux

À l’image de nombreux linguistes, vous pensez que le français n’est pas dans son assiette. Vous êtes puriste, de la vieille école, et fier de l’être. Vous faites tout un plat des fautes d’orthographes dans les grands journaux, de l’invasion des anglicismes et, surtout, du soi-disant langage SMS. Mettre de l’eau dans votre vin ? Pas question.

#1 Comme un cheveu sur la soupe

Chaque fois que vous lisez les textos de votre ado, c’est la fin des haricots. La dernière fois, la moutarde vous est même drôlement montée au nez. Vous avez alors violemment frappé à la porte de votre jeune pour lui en dire deux mots. Mais, celui-ci étant allergique à vos arrivées comme un cheveu sur la soupe, vous avez bien sûr fait chou blanc. Votre chérubin vous a rétorqué de vous mêler de vos oignons en vous claquant littéralement la porte au nez. Et en hurlant que cela ne servait à rien de l’appeler de la cuisine ce soir parce qu’il n’avait ni faim ni envie de voir votre sale gueule (sic).

#2 Des regrets pour des prunes

Vous aviez conscience que ce ne serait pas du gâteau et que personne n’a jamais fait d’omelette sans casser d’œufs. Mais de là à penser que la chair de votre chair en ferait tout un fromage, il y avait de la marge. Ce qui est fait est fait, avez-vous alors raisonné : vous vous étiez déjà fait insulter pour des prunes. Vous aviez mis les pieds dans le plat et, à ce stade, vous auriez bien troqué Le Petit Robert contre un psy pour ado. Pourquoi faut-il toujours que je mette mon grain de sel partout, vous êtes-vous demandé ? Si le français n’est pas sa tasse de thé, il fera autre chose, un point c’est tout.

#3 Un peu de piment, Bernard-Jean

Mais vous saviez très bien que vous vous racontiez des salades. La mélancolie vous avait gagné parce que votre bambin n’en était plus un et que vous le sentiez sombrer dans la crise d’adolescence à laquelle vous pensiez naïvement échapper. Il était grand temps de couper la poire en deux : il écrirait comme il voudrait et vous dîneriez en famille le soir. Et comme vous avez toujours été de nature positive, vous vous êtes consolé en pensant que les sautes d’humeur du petit Bernard-Jean (que vous n’aviez pas manqué de nommer d’après Pivot et La Fontaine) mettraient du piment dans vos soirées.

#Épilogue : les pommiers ne font pas des poires

Vous aviez une faim de loup. Alors, comme pour vérifier le proverbe, vous avez décidé de faire une omelette, ce pour quoi vous avez bel et bien eu besoin de casser des œufs. Au bout du quatrième, vous faisiez un peu d’humour de connivence : comme chaque jour depuis 30 ans, vous aviez les yeux plus grands que le ventre. Pas moins que le petit Bernard-Jean désormais pubère, vous étiez un éternel incorrigible.

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