' La petite histoire de votre rédactrice : avec les homonymes

La petite histoire de votre rédactrice : celle avec les homonymes

Homme qui consulte le dictionnaire

Homonyme, homophone, homographe : il y a de quoi en perdre son latin. Ou son grec. Éclaircissement : les homonymes sont des mots qui se prononcent de la même manière (homophones) sans avoir le même sens, qu’ils s’écrivent de la même manière (homographes) ou non. Démonstration en histoire.

Elle était en colère. Soudain, une vive douleur à l’aine atténua sa haine. Elle partit toutefois dans le bois. Au cours de la balade, elle fredonna la ballade que sa mère lui chantait autrefois. Malgré la peur naissante, il était temps de passer le cap : son baluchon contenant sa cape de superhéros, ses économies et quelques victuailles lui permettrait de survivre quelques jours.

Elle fit halte dans une clairière pour sortir son carnet de voyage et y griffonner la date ainsi que quelques pensées en mangeant une datte. Assise sous un hêtre, elle était fière d’être là, de se lancer, de partir à l’aventure.

Une faim de loup l’envahit ; elle reprit une poignée de dattes pour y mettre fin. À ce moment-là, la guerre avec ses parents ne la tourmentait guère. Le heurt de tout à l’heure lui sembla tout à coup très loin. Il était temps de partir vivre une vie solitaire, comme celle de Robinson sur son île. En pensant à la libération du joug parentale, une larme de soulagement lui coula sur la joue. Elle se sentit adulte pour la première fois et, pour fêter ça, décida de poursuivre son festin.

Elle sortit un kaki qu’elle coupa sur son pantalon kaki, avant d’en engloutir un quart. Elle s’essuya les mains dans l’herbe avant de s’en passer une dans les cheveux qu’elle avait eu le temps de lisser avant de partir au lycée, le matin précédent. Croquant le fruit mou orangé à pleine dent, elle se mit à faire la moue : décidément, les kakis n’étaient pas sa tasse de thé.

Il était temps de se remettre en route. Rien ne la ferait reculer, se dit-elle, ni les regrets du nid parental ni l’incertitude grandissante. Oui, elle avait eu ouïe dire que la plupart des adolescents qui fuguaient rentraient chez eux de leur propre initiative. Elle serra les poings pour se donner de la force ; elle se ferait un point d’honneur à être plus forte.

Il fera nuit dans un quart d’heure, pensa-t-elle en entendant au loin le vrombissement du car qui ramenait les élèves chez eux. Tout à coup en mal de repères, la nécessité de trouver un repaire pour la nuit s’imposa. Elle se figea comme une statue en pensant qu’elle ne pourrait désormais plus actualiser son statut Facebook : il ne fallait pas laisser de trace. Elle se sentit terriblement seule. Tout à coup, elle entendit un cri suivi d’une toux sèche, tout près d’elle.

L’espace d’une seconde, elle imagina une sale histoire qui ferait la une des journaux. Puis elle chassa cette inquiétude vaine, convaincue qu’elle aurait de la veine, et prit ses jambes à son cou.

Pendant cette course effrénée, votre rédactrice se dit que cela finirait en histoire sans fin : elle ne connaissait pas d’homonymes commençant par les lettres W et X. Rayon X et plainte contre X, est-ce que ça comptait ? Arrivée à Y, votre rédactrice pensa : yo yo, si seulement elle avait un yoyo !, puis, découragée, passa directement à Z. Elle abandonna, ne sachant pas que zinzin, en plus d’être un peu fou, pouvait signifier une institution financière.

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Élisabeth Chevillet - Rédactrice | © 2010-2014 | SIREN 528 788 540 | Tél : +49 162 549 38 59 | Courriel : contact@elisabethchevillet.com

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